Les étés à Riyad ne manquent jamais de sujets de discussion, mais cette fois-ci, l'attention du monde du football ne se porte pas sur les néons au bord du terrain, mais sur une démission publiée sur les réseaux sociaux. Yasser Al-Mishal, président de la fédération saoudienne de football, a choisi de démissionner après l'élimination de l'équipe nationale de Arabie saoudite lors de la phase de groupes de la Coupe du monde, inscrivant la fin de ses sept années à la tête de la fédération directement sur le bulletin de l'équipe, arrêtée à la phase de groupes.
L'Arabie saoudite a terminé dernière du groupe H, avec deux matchs nuls et une défaite pour seulement deux points : matchs nuls contre l'Uruguay et le Cap-Vert, et défaite face à l'Espagne, sans parvenir à se qualifier pour les phases éliminatoires. Pour une équipe qui participe pour la troisième fois consécutive à la Coupe du monde et pour la septième fois de son histoire, un tel résultat est difficile à présenter comme une « défaite honorable ». Al-Mishal a employé des mots sans détour dans sa déclaration : l'équipe nationale n'a pas atteint le tour suivant, un résultat incompatible avec toutes les ambitions ; il assume l'entière responsabilité et s'excuse auprès de tous ceux qui espéraient voir l'équipe aller plus loin. Guidé par la conviction que « la responsabilité implique de céder la place à une nouvelle étape », il a décidé de ne pas continuer à exercer ses fonctions jusqu'à la fin de son mandat actuel.
Si l'on remonte le film avant le coup d'envoi, la controverse était déjà amorcée. À moins de deux mois de l'ouverture de la Coupe du monde, la fédération saoudienne de football a remplacé Hervé Renard par Giorgos Donis à la tête de l'équipe — changer d'entraîneur à la veille d'une compétition est l'un des paris les plus risqués du football, et les performances en phase de groupes semblent confirmer cette inquiétude. Par ailleurs, ces dernières années, le gouvernement a investi massivement dans le football ; les clubs nationaux ont recruté des stars comme Cristiano Ronaldo et Neymar, dans l'intention de rehausser le niveau du championnat et de faire bénéficier l'équipe nationale ; mais lorsque le classement de la Coupe du monde s'est figé à la dernière place du groupe, même le récit le plus flatteur autour des recrutements n'a pas pu effacer le résultat brutal : l'élimination.
Au cours des sept années de mandat d'Al-Mishal, l'Arabie saoudite a obtenu avec succès l'organisation de la Coupe du monde 2034, ce qui aurait dû constituer l'apogée de son héritage sur la carte du football ; aujourd'hui, l'élimination en dernière position du groupe et sa démission mettent en lumière les deux faces de ce même mandat. Pour le football saoudien, la perspective de 2034 demeure, mais l'obstacle immédiat — investissements, changement d'entraîneur et résultats — exige que quelqu'un assume ses responsabilités. Al-Mishal a choisi d'être celui-là.