Cette nuit au Stade de la Flèche, les acclamations de plus de 69 000 spectateurs dans les tribunes n’ont presque jamais cessé. Lors de la troisième journée du groupe J de la Coupe du monde 2026, l’Algérie et l’Autriche ont offert un match nul 3-3 sur la scène de la Coupe du monde — des buts à la chaîne, des retournements de situation fulgurants, comme un résumé télévisé en accéléré puis rembobiné sans fin.
Rythme du match : l’avance et l’égalisation se sont succédé
L’Autriche a ouvert le score en premier. À la 28e minute, Mark Arnautović a reçu une passe en profondeur de David Alaba et a marqué d’une frappe du pied droit rasante ; les supporters visiteurs se sont aussitôt levés. L’Algérie n’a pas paniqué : avant la pause, Rafik Belghali a entamé une incursion vers l’intérieur et a égalisé d’une frappe lointaine. Score à la mi-temps : 1-1, et l’ambiance dans les tribunes s’est ravivée.
Après le repos, le rythme s’est accéléré. À la 55e minute, Marcel Sabitzer, sur une passe de Konrad Laimer par la droite, a remis l’Autriche devant d’une frappe enroulée. Cinq minutes plus tard, Riyad Mahrez a frappé depuis la gauche sur une passe de Houssem Aouar, le score revenant à 2-2. À l’image, les joueurs en maillot vert avançaient vague après vague, étirant les lignes de passe, comme pour teindre la pelouse du Stade de la Flèche aux couleurs de leur propre stade.
Minute 90, encore Mahrez — toujours servi par Ounas, cette fois d'une poussée du pied droit, 3-2. Le coup de sifflet final semblait imminent, les images basculaient vers le banc algérien en pleine célébration. Pourtant, à la sixième minute des prolongations, Michael Gregoritsch en passe transversale, et l'entrée Sasha Kalajdzic dévie d'un coup de tête, 3-3. Un dernier toucher qui change le score : de l'exubérance au décompte, les deux équipes voient leurs émotions se miroiter sur la même ligne du temps.
Domination du ballon contre efficacité
Les statistiques dépeignent un match largement dominé par l'Algérie : 65 % de possession, 755 passes dont 94 % de réussite, 12 tirs ; l'Autriche 35 % de possession, 397 passes, 10 tirs. Le milieu de terrain fonctionne comme un horloger — Ramy Bensebaini, Nabil Bentaleb et Aïssa Mandi enchaînent les centaines de passes, et l'Algérie domine aussi au sol. Mais le blanc des centres (0/5) et l'irrégularité devant le but empêchent de convertir l'avantage en victoire. L'Autriche riposte par des transitions rapides, coups de pied arrêtés et jeu aérien ; 3-0 aux corners, l'égalisation en prolongation — la preuve qu'on peut être mortel avec moins de ballon.
L'arbitre Ilgiz Tantashev reste souple : une seule carte jaune, d'où une continuité et un spectacle préservés. ScoreZ attribue à Mahrez la note maximale de 9,1 ; ses deux buts expliquent tout : métronome offensif de l'Algérie et visage le plus marquant du match.
Groupe J : le nul laisse planer le suspense
Après cette rencontre, le classement du groupe J n’a pas bougé d’un iota. L’Algérie avait auparavant perdu 0-3 face à l’Argentine et battu la Jordanie 2-1 ; l’Autriche, de son côté, s’était imposée 3-1 contre la Jordanie et avait perdu 0-2 face à l’Argentine — les deux équipes ont connu des revers contre les favorites et ont pris des points face à des adversaires plus faibles. Ce 3-3 n’a ni éliminé définitivement l’une ou l’autre, ni permis à quiconque de se détendre prématurément. Pour les plus de 69 000 spectateurs présents dans les tribunes, ainsi que pour les téléspectateurs, la valeur de ces 90 minutes (plus le temps additionnel) réside dans le fait que chaque tir peut modifier le classement — et le groupe J, manifestement, est encore loin d’être au point d’être tranché.