Chelsea accélère nettement le rythme de son changement d'entraîneur cet été : selon plusieurs sources, l'ancien entraîneur du Real Madrid, Xabi Alonso, serait devenu le « premier choix privilégié » des Blues, le club ayant pris contact avec le technicien espagnol ; parallèlement, Gary O'Neil, entraîneur de Strasbourg, a pratiquement perdu toute chance d'accéder au banc de Stamford Bridge après avoir publiquement critiqué les propriétaires de BlueCo.
Vacance au poste et intérim
Chelsea a déjà changé d'entraîneur à deux reprises cette saison : Enzo Maresca a été limogé en janvier, et Liam Rosenior, nommé à sa place le même mois, n'a tenu que quelque 106 jours avant d'être congédié en avril. L'intérimaire nommé en avril, Calum McFarlane, mènera l'équipe jusqu'à la fin de la saison ; les Blues espèrent désigner un entraîneur titulaire avant le coup d'envoi de la Coupe du monde, afin de gagner du temps pour reconstruire en vue de la saison 2026/27.
Du point de vue du calendrier et de la condition physique, cette succession de changements d'entraîneur n'est pas qu'un simple « changement de cap » : elle brise à répétition le rythme d'entraînement, le langage tactique et la confiance dans le vestiaire. Les données internes indiquent que Chelsea s'est incliné 1-2 à l'extérieur lors de la 38e journée de Premier League 2025, glissant vers la moitié basse du classement en fin de saison ; la trajectoire du déclin en fin de campagne sous Rosenior à Chelsea et celle de Strasbourg, avec seulement 2 victoires sur les 11 derniers matchs, forment un miroir sur le plan du « calendrier chargé et des opérations du mercato hivernal ».
Pourquoi Alonso s'est imposé en tête de liste
Le journaliste Ben Jacobs indique que BlueCo a pris contact avec Alonso, qui souhaite entraîner en Premier League cet été et serait ouvert à un contrat de longue durée ; Nicolò Schira évoque également des « premiers échanges positifs » entre les deux parties cette semaine. Le média espagnol Fichajes le place parmi les « favoris évidents », mettant en avant sa jeunesse, sa vision claire et son leadership. Alonso a mené Leverkusen au titre de Bundesliga en 2023/24, a repris le Real Madrid en fin de saison dernière avant de quitter son poste en janvier 2026 : un parcours mêlant succès et expérience sous forte pression.
La liste des candidats reste large : Bournemouth Andoni Iraola, sur le départ, Fulham Marco Silva, l’entraîneur de Crystal Palace Oliver Glasner, qui quittera son club en fin de saison, l’ancien coach de Flamengo Filipe Luis figurent encore parmi les alternatives ; Cesc Fàbregas et l’entraîneur de Porto Farioli seraient, selon la presse, peu enclins à prendre les rênes à ce stade. Les noms de Mourinho, Conte ou Lampard continuent de circuler, mais d’anciennes figures des Blues comme Gullit estiment que certains grands entraîneurs pourraient hésiter face à un effectif jugé trop peu expérimenté.
L’ombre de Liverpool et le « siège le plus brûlant »
Ancien milieu de Liverpool, Alonso « rêve », selon AS, de retrouver un jour Anfield comme entraîneur ; pourtant, Slot, champion de Premier League l’an passé, conserve encore du crédit, et les chances d’un changement d’entraîneur à Liverpool cet été restent faibles. Chelsea, de son côté, veut profiter de cette fenêtre pour le recruter. Glenn Johnson met en garde : si Alonso suivait les pas de Benítez en passant « d’abord des Reds aux Blues », il devrait affronter une pression médiatique plus implacable qu’à Anfield — le banc de Chelsea est souvent qualifié de l’un des « sièges les plus brûlants » du football mondial.
Les résultats montrent que Liverpool a fait match nul 1-1 lors de son dernier match de Premier League, tandis que Crystal Palace s’est incliné 1-2 lors de la dernière journée, après un 0-0 auparavant, signe que la dépense physique entre le milieu de tableau et les prétendants au titre n’était pas équilibrée en fin de saison ; pour Alonso, prendre les rènes de Chelsea signifie devoir asseoir son autorité immédiatement entre pression financière, rajeunissement de l’effectif et attentes de résultats, sans presque aucune marge de « saison d’adaptation ».
O’Neill prend la parole : équipe sœur et domino du mercato hivernal
Parallèlement à Alonso, une autre ligne concerne l’effondrement de l’équipe sœur de Strasbourg. Après que Rosenior ait été détaché de son club de Ligue 1 pour Chelsea par BlueCo en janvier, O’Neill a pris les rènes du club le même mois. L’équipe avait atteint les demi-finales de la Coupe de France et de la Ligue Conférence, mais a été éliminée des deux compétitions ces derniers mois, assurée de terminer au mieux 8e en Ligue 1 et privée de qualification européenne ; seulement 4 points sur les quatre derniers matchs. Après le match nul 1-1 contre Angers, O’Neill a déclaré franchement à L’Équipe : « Nous avons raté le mercato de janvier, ce qui a affaibli l’effectif. » Il a également exigé une amélioration de la culture du club, de la qualité des joueurs et de la profondeur de l’effectif, réclamé deux attaquants centraux, et exprimé sa colère face au fait que les joueurs n’ont pas tenu leur promesse de « jouer comme en finale ».
Cela fait écho à la manifestation conjointe des supporters de Chelsea devant Stamford Bridge le mois dernier contre BlueCo : les opérations de prêt de Fofana et Anselmino, le rappel de Mamadou Sarr, la rupture du prêt de Kendry Páez, entre autres, sont toutes perçues comme des tiraillements de ressources au sein du même système de gestion multi-clubs. En critiquant publiquement les propriétaires à ce moment, O’Neill voit, aux yeux de l’extérieur, ses perspectives sur le banc de Chelsea considérablement réduites.
Lampard et Coventry : une autre voie pour « se faire la preuve » d’abord
Son ancien coéquipier Wright-Phillips espère quant à lui que Lampard reste à Coventry pour y assurer le maintien en Premier League et capitaliser sur cette phase, avant d'envisager un retour à Chelsea ; de son côté, l'homme du football Winnis estime que Stamford Bridge est aujourd'hui « un vrai casse-tête », et que Lampard aurait tout intérêt à se construire une réputation dans un environnement plus stable. Cela contraste avec la voie empruntée par des techniciens de premier plan et prêts à l'emploi comme Alonso ou Silva : les Blues devront choisir entre une « autorité immédiatement visible » et un entraîneur « prêt à accompagner de jeunes joueurs dans les périodes difficiles » — et ce sera ce choix qui scellera la nomination finale.
Points à surveiller
Au cours des prochaines semaines, trois éléments méritent une attention particulière : Chelsea parviendra-t-il à s'attacher les services d'Alonso avant la Coupe du monde et à le convaincre de ne pas attendre Liverpool ; la prestation de McFarland lors de la dernière journée influera-t-elle sur l'ambiance dans le vestiaire ; Strasbourg saura-t-il répondre à l'exigence d'O'Neill de « prouver sur le terrain qu'il mérite sa place la saison prochaine » lors de ses deux derniers matches. Si Alonso est finalement nommé, sa priorité ne tiendra pas aux slogans en conférence de presse, mais à rétablir, lors des deux prochaines fenêtres de transferts — hivernale puis estivale —, une circulation des effectifs entre équipe sœur et équipe première fondée sur la logique sportive plutôt que sur celle du démantèlement ; à défaut, aussi brûlant que soit le poste, l'histoire ne fera que se répéter : un départ après 106 jours, comme en a connu le club cette saison.